Teinture à la Garance

Cette fois-ci j’ai voulu refaire un grand classique, le beau rouge de Garance. Donc, une teinture de la laine selon une recette ancienne et artisanale.

Teinture de la laine à la Garance

Une série de marchés terminée, bientôt une autre qui va pas tarder. C’est pour cela qu’il faut préparer de quoi tricoter de belles couleurs. Elles donneront de beaux accents aux tenues automnales en tant que châles pour femme, les écharpes homme ou femme .

De ce fait, le chaudron en cuivre ressort du grenier, puisque c’est le cuivre qui intensifie les teintures à la garance.

Ensuite, je fouille le carton avec les plantes tinctoriales séchées. La racine de Garance des teinturiers en poudre est la base de la préparation.

Un grand chaudron en cuivre

Un grand chaudron en cuivre

Pour préciser, je poursuis toujours ma recette vérifiée pour obtenir le ROUGE GARANCE COULEUR SANG. Elle provient du livre de Weronika Tuszynska ” Farbowanie barwnikami naturalnymi” (pour ceux qui ne parlent pas polonais : “Teindre avec les teintures naturels” ). Selon ses dosages, il nous faut :

  • prévoir autant de poids de garance en poudre que pèse la laine à teindre (sèche).
  • Et de l’eau dans les proportions 40 l pour 1 kg de laine (toujours sèche). Une petite parenthèse : la meilleure eau pour teindre à la garance c’est de l’eau calcaire. Si vous ne disposez pas de cette qualité d’eau, il est possible d’y ajouter un peu de craie naturelle.

Le mordançage

Premièrement, on prépare notre laine par le mordançage. Ainsi, mouillée dans l’eau froide, elle est ensuite trempée dans une solution de pierre d’alun broyé 20% et de crème de tartre 6%. En fait, ce sont deux ingrédients de “chimie naturelle”* utilisée par les générations des teinturiers afin d’ouvrir les écailles de la laine de mouton. Pour en savoir plus sur la structure de la fibre et son comportement, n’hésitez pas à consulter mon article sur les propriétés naturelles de la laine.

Par la suite, le mordançage garantira une meilleur tenue de la couleur. Donc, je fais réchauffer tout ça doucement sur le feu jusqu’à quasi ébullition. Ainsi, la laine ne feutre pas malgré la température car je n’effectue aucun frottement dans le bain.  Une fois l’opération terminée, je laisse la fibre refroidir dedans. Enfin, j’essore légèrement les écheveaux (le lendemain).

La teinture

Deuxièmement, il faut préparer le bain de la teinture. La poudre de garance nécessite d’être trempée plusieurs heures (12h) avant la cuisson dans une quantité d’eau environ 2 fois son volume. Ensuite, elle gonfle. Plus tard, je mets la poudre dans la marmite en cuivre (le cuivre soutient ici la belle couleur). Je couvre de l’eau en quantité comme ci-dessus par rapport au poids de la laine. Il faut de l’eau calcaire pour la garance, alors vu que notre eau ici est tout sauf calcaire, j’ajoute 2g de craie rappée (craie d’école 🙂 ) Finalement, la laine mordancée rentre dedans. J’alimente encore le feu de la cuisinière et de la patience, car la température doit monter tout doucement pendant 1 ou 2h jusqu’à 80° environ. Il ne faut surtout pas dépasser ce seuil là sinon la couleur va “brunir”. Donc j’essaie de maintenir les 80° pendant 45 min en remuant très doucement la teinture avec la cuillère en bois (pas en métal, sinon il tâcherai la laine).

Teinture de la laine à la Garance

Teinture de la laine à la Garance

Comme minuit approche, on va se coucher et je laisse refroidir la laine dans le bain. Ainsi, c’est au lendemain la surprise. Finalement, le rouge garance est bien là, comme je voulais. Et que du bonheur pour les yeux! Encore rincer, rincer et laisser sécher au vent. Enfin, une belle laine en couleur qui est prête! Elle deviendra sans doute un châle femme hiver ou été ou bien, une écharpe ?

teinture de la laine à la garance

La laine teinte à la garance

Ci dessus les écheveaux de couleur “rouge sang” à la Garance en train de sécher.

* pierre d’alun – minéral naturel présent dans plusieurs régions du monde, astringent, (régulant la sudation de la peau entre autres); crème de tartre – dérive naturelle de la vinification des raisins