Teinture au brou de noix

L’automne nous déploie un éventail de couleurs magnifiques, chaudes, dorées… Et souffle une inspiration pour une teinture au brou de noix de la laine.

Le noyer et la saison de teinture

L’automne oblige et surtout la saison des noix. Le noyer nous fournissant en ce moment ses fruits si nourrissants, il offre aussi un colorant de qualité. Dans la littérature, on le qualifie comme une des meilleures teintures naturelles pour la laine point de vue la durabilité, l’efficacité et la richesse des tons obtenus. Les particules colorantes s’incrustent durablement dans la fibre grâce aux caractéristiques techniques de la laine. Le colorant se trouvant surtout dans les bogues des noix, on peut en retrouver aussi dans les feuilles de l’arbre mais avec une intensité de coloration bien plus faible. Et ce sont les bogues fraiches qui donnent les meilleurs résultats. Elles permettent d’obtenir, par oxydation une gamme de marrons jusqu’au beige très intéressante. Les teintes sont très durables dans le temps et ceci sans aucun produit supplémentaire à ajouter au bain ni mordançage.

Pour préciser, je me suis inspirée du livre sur la teinture, de Weronika Tuszynska, “Farbowanie barwnikami naturalnymi” (“Teinture avec les colorants naturels” pour ceux qui ne parlent pas polonais 😉 ). Elle suggère, dans son ouvrage, beaucoup d’options pour cette teinture. Plus exactement, il est possible de teindre d’abord à froid, par macération des bogues et de la laine ensemble, pendant un certain temps. Et puis, si le bain de teinture perd de sa force, on le met sur le feu, pour extraire le reste et on y applique une autre portion de laine. Cette dernière version est plus rapide à exécuter, bien évidemment. 

La teinture au brou de noix, exécution

Donc, vu que l’on venait de recevoir de notre ami Loulou un grand sac de noix avec leurs bogues, une fois la dégustation terminée, je me suis lancé dans la teinture.

L’emploi du temps chargé, on va dire, j’ai opté pour la version de teinture à chaud, quoique avec une macération à froid préalable. A part ça, je n’ai suivi aucune recette officielle. Laissez aller votre imagination, cette recette-là peut donner de bons résultats aussi mais pas obligé à 100%…

Brou de noix pour la teinture de laine naturelle

Brou de noix pour la teinture de laine naturelle

la laine dans la teinture

la laine mise à froid dans la soupe noire

Alors, plouf les bogues dans l’eau de source, et on laisse macérer quelques jours. Une belle soupe presque noire se fait, qu’il vaut mieux filtrer juste avant de teindre. Une fois l’élixir prêt, la laine saute dedans, obligatoirement à froid. Hop, la vieille casserole sur la cuisinière et je laisse mijoter jusqu’à presque l’ébullition. Il vaut mieux mélanger TRES doucement de temps en temps sinon la laine au fond deviendra plus sombre que celle de la surface.

Ce qui est bien avec cette teinture ce que, si jamais le résultat ne nous satisfait pas, on peut toujours recommencer. C’est-à-dire, remettre la laine dans le même bain, déjà refroidi et réchauffer le tout. Une nouvelle couche de colorant va se mettre sur la fibre pour un teint plus profond.

Ainsi, une fois soupe est cuite, on laisse tout refroidir. Ensuite, on sort la laine, on rince délicatement à l’eau froide et on la laisse sécher.  Et le tour est joué!

Séchage de la laine teinte

Séchage de la laine teinte

Après, encore la mise en pelote et tout est prêt pour le tricot aux belles teintes automnales. De belles écharpes en vue pour Monsieur Madame, ou bien châle pour femme bien chaud, cadeaux de Noël etc…

Ainsi, le beau marron des noyers incrusté dans la laine, il s’imprègne des rayons de soleil en nous dévoilant une richesse incomparable des tons. Un régal pour les yeux. Peut être qu’ il vous donnera envie de découvrir une autre profondeur de couleur naturelle. Dans ce cas là, je vous invite à lire mon article sur le rouge garance.